Devenir grands-parents
On se pose toujours, un jour
ou l'autre, des questions
Vous êtes grands-parents ou aller bientôt le devenir,
vous vous remettez en question.
Vous avez l'impression de vieillir « d'un seul
coup » ?
Quelle est votre place au sein de ce nouveau noyau
familial ?
Qu'attendent les adolescents de la relation que vous pouvez
entretenir avec eux ?
Devenir grands-parents, généralement
jeunes grands-parents, n'est pas toujours facile à accepter.
Parfois, lorsque la nouvelle arrive, les futurs grands-parents ont un
choc. Cet événement, à la fois attendu,
merveilleux mais parfois non espéré « aussi
vite », peut générer des sentiments et
émotions contradictoires. Toutefois, dans la grande
majorité des cas, ce nouveau statut apporte
énormément de satisfactions.
La remise en question de soi
Cet évènement peut entraîner chez les
futurs ou nouveaux grands-parents une remise en question : ils
font alors un bilan de leur vie. Remontent des souvenirs de
l'époque où eux-mêmes sont devenus parents, des
souvenirs de leurs enfants au fur et à mesure qu'ils
grandissaient, remémorations qui impliquent une
évaluation de l'éducation qu'ils leur ont
donnée.
Des sentiments de satisfactions et/ou de déception
apparaissent alors. Les nouveaux grands-parents peuvent avoir la
sensation qu'ils ont fait suffisamment pour leurs enfants ou
qu 'ils auraient pu leur apporter et donner beaucoup plus
encore. Souvent, ils pensent que le temps a passé trop vite et
qu'ils ont encore énormément de choses à faire,
à finir. Mais parfois aussi, ces interrogations leur donnent
la force de continuer avec plus d'enthousiasme qu'auparavant. Dans
d'autres cas, ils peuvent se déprimer et avoir l'impression
qu'ils ne peuvent plus continuer, que ce qu'ils ont fait et
été n'a servi à rien. Il faut dire que ces
sentiments sont très liés à une
réalité qu'ils ont vécue mais aussi à la
relation qu'ils ont eue et ont actuellement avec leurs enfants. En
général, plus la relation et le développement de
leurs enfants ont été harmonieux, plus ils se sentent
satisfaits.
Le sentiment de vieillir
Lorsque l'on entend parler de grands-parents, on a encore
inconsciemment l'image d'un vieil homme à la barbe blanche,
voûté sur sa canne ou d'une vieille dame en train de
tricoter dans son fauteuil. Ces représentations populaires
sont des images d'Epinal qui sont loin de refléter toutes les
réalités, mais elles sont si bien ancrées dans
notre mémoire collective que pour beaucoup, lorsque l'on
devient grand-père ou grand-mère, même si on est
jeune, on peut se sentir « vieillir d'un
coup ».
Ce sentiment met en jeu de multiples sentiments, dont le
bonheur de la transmission mais aussi la remise en cause de
soi-même, l'idée d'être inutile, le sentiment
d'approcher la fin de la vie, etc. Il peut aussi provoquer des
angoisses telles que la peur d'être abandonné par ses
enfants, de devenir jaloux de leur jeunesse. Ces craintes seront
d'autant plus forte que la relation avec les enfants était
distante ou conflictuelle.
Il faut dire que plus les grands-parents sont jeunes, plus
ces craintes s'atténueront lorsqu'ils se rendront compte que
la vie continue, qu'ils peuvent avoir une relation d'autant plus
décontractée et agréable, avec leurs enfants
comme avec leurs petits-enfants, qu'en même temps, ils
poursuivent leurs activités et qu'ils sont encore capables de
faire énormément de choses.
Quant aux grands-parents plus âgés, au lieu de
sentir qu'ils ont beaucoup vieilli, ils verront dans leurs
petits-enfants la continuation de la vie. En général,
une naissance leur donne une forte envie de vivre ainsi qu'un
désir d'entreprendre, elle stimule leur amour de la vie et
regonfle leur énergie.
Mais pour atteindre cette acceptation et ce
bien-être, il faut qu'ils comprennent que ce n'est pas parce
qu'il y a un nouveau membre dans la famille qu'ils doivent se sentir
exclus. Pour éviter que cela n'arrive, ils doivent être
présents dans la famille, mais en faisant en sorte de ne pas
être ressentis comme une charge. Pour cela, il faut absolument
éviter des remarques telles que : « Moi
à ta place
» ou « Comme tes enfants
sont mal élevés !
» D'autant plus que
souvent, on ne leur demande rien et que la plupart du temps, ces
réflexions ne sont pas fondées.
Alain Braconnier, Le guide de l'adolescent de 10 ans à
25 ans,
© Editions Odile Jacob, 1999
La famille
élargie
La famille élargie comprend les membres de la
famille autres que ceux qui constituent la cellule familiale
première : ce sont les grands-parents, les tantes et les
oncles, les cousins et toutes les personnes avec lesquelles sans lien
familial réel, nous entretenons des rapports affectifs
profonds.
Toutes ces personnes sont susceptibles d'engager un
dialogue avec votre adolescent. Elles sont capables d'assurer un
rôle de relais quand la communication familiale devient plus
difficile et permettent à l'adolescent d'utiliser d'autres
registres de relations, d'aptitudes ou de présence. C'est
l'occasion pour ce dernier de montrer un autre aspect de sa
personnalité et de se redécouvrir.
Les grands-parents
Les grands-parents sont particulièrement importants
pour les adolescents : Ils représentent la mémoire
familiale ce sont des éléments qui intéressent
beaucoup les adolescents et dont ils ont besoin pour se
repérer et prendre leur place dans la famille. Tout se passe
comme si les grands-parents étaient
« parents », tout en n'étant pas en
première ligne dans les petits conflits quotidiens. Ils
doivent surtout conserver cette position inestimable quand les
conflits deviennent plus importants.
L'adolescence de votre fils ou de votre fille, que vous en
preniez conscience ou non, va réveiller les émotions
liées à votre propre relation à vos parents
durant votre adolescence. Sont alors réactivées les
difficultés mais aussi les complicités, tout ce qui a
été inhérent à cette relation.
L'adolescent, dans ce sens, constitue un facteur de communication
entre vous et vos parents ou encore de non-communication, selon la
qualité de la relation que vous avez gardée
ensemble.
Dans ces conditions, tout ce qui permettra d'apurer les
relations avec vos propres parents vous aidera à assumer au
mieux votre position de parents auprès de votre fils ou de
votre fille. C'est bien sûr un travail qui ne s'improvise pas.
Plus il a été retardé, plus il sera difficile.
Cependant, il vaut cette peine, car il permet un enrichissement
réel des relations transgénérationnelles. Vos
parents, spectateurs ( et auteurs en partie ) de votre adolescence,
vont transmettre cette histoire à votre fille ou à
votre fils. Par l'intermédiaire de leurs grands-parents,
ceux-ci vont pouvoir mieux vous connaître. Ils
acquièrent ainsi de vous une image moins lisse, plus vivante.
Vos réussites, vos déconvenues, vos plaisirs ou vos
déplaisirs, de petits événements ou anecdotes
que vous avez oubliés vont les intéresser, même -
ou surtout romancés par vos parents. Cela va permettre
à votre adolescent de prendre conscience que vous êtes
aussi passé par l'adolescence et que devenir adulte demande un
cheminement propre.
Il est tout à fait constructif et naturel que votre
adolescent s'entende avec ses grands-parents alors même qu'il
entretiendra des rapports plus difficiles avec vous.
« Comment les
grands-parents doivent-ils se
comporter ? »
Il est important de prendre la mesure de ce que les
grands-parents transmettent à leurs petits-enfants sur leurs
parents :
Les petits-enfants veulent avant tout entendre des
anecdotes amusantes, significatives et enrichissantes.
Est-il besoin d'ajouter qu'il faut s'abstenir et se
censurer en cas de désaccord de fond, même si c'est un
profond désaccord ? Seules des situations de grande
défaillance parentale autorisent les grands-parents à
se substituer à leurs enfants vis-à-vis de leurs
petits-enfants.
Alain Braconnier, Le guide de l'adolescent de 10 ans à
25 ans,
© Editions Odile Jacob, 1999
Recherches effectuées par Néfertabelle pour
Bravopapi.com
Nous te remercions vivement Isabelle pour ta volonté à
surmonter de nombreux obstacles, pour nous permettre de
découvrir ces lignes qui sont tant
d'actualité.
Grand merci égalemment aux Editions Odile jacob qui
nous ont à titre exceptionnel autorisé à publier
cet extrait et ,dont vous pouvez trouver copie du contrat
négocié par Isabelle en page
suivante.
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