Aline Cresci

 

 

Si, je vous dis,
que l'allée de terre sur laquelle je marchais avait la couleur
rosée des Palais Florentins !

Si, je vous dis,
qu'autour du jardin, dans lequel serpentais cette allée,
il y avait deux bâtiments bas, en Pierres Dorées,
et que leurs arcades laissaient penser
à la quiétude d'un monastère roman !

Si je vous dis,
qu'au-dessus de moi, le ciel était bleu,
de ce bleu si particulier,
qu'a le ciel de Rome au mois de Mai !

Si je vous dis,
que les pensées, les cerisiers et les forsiciats étaient déjà en fleurs,
et que l'on voyait bourgeonner les Saules Gris
qui bientôt donneraient de l'ombre aux rêveurs !

Si je vous dis tout cela........,

Entendrez-vous entre mes mots, le son de la petite cloche,
du cloître des Clarisses, tout proche ? ?

Sentirez-vous sur votre peau,
la douce caresse de la tiédeur du Soleil ,
de ce jour-là ? ?

Les verrez-vous, dans ce jardins,
les mains entrecroisées...,
ces deux jeunes amoureux de quatre-vingt ans,
qui vivent sans doute, leur dernier Printemps ? ? 

Alors, mon cœur soupire ....
Qu'il aimerait tant vous faire voir tout cela,
Et que j'aimerais tant être dans vos bras !

le mardi 11 mars 1997
dédié à tous mes amis du bout du monde...

 

 

 

Il fait encore beau, d'ailleurs
Alors, j'en ai profité
Je me suis assise là
à l'ombre des lilas
et je l'ai appelé,

Tout contre moi
brutalement, il s'est jeté
et je l'ai serré
dans mes bras
mon Amour... pour toi...

C'était un gigantesque aigle blanc
Amené par le vent
Je l'ai caressé
je l'ai calmé...
et je lui ai gentiment
et scrupuleusement.....
Arraché les ailes.
Comme une enfant,
en l'embrassant,
tendrement,

pour qu'il ne souffre pas trop....
Il ne faut pas faire souffrir les oiseaux.

Heureusement ...
Ce matin, il faisait beau..

Je l'ai regardé
Lui ai soupiré :
Même, sous la forme d'un moineau,
quelque part mon Aigle,
ce sera quand même Toi,
mais il vaut mieux pour moi,
que tu deviennes petit oiseau,
car trop, ....c'est Trop,

Comme Ma survie
dépendait de sa Vie,
Il m'a illuminé une dernière fois,
mon Amour... pour toi.
Et ........sans crier,
Le corps, s'est mutilé,
doucement a fini de se transformer,
en tout petit moineau blanc,
ébouriffé par le vent,

Mais il est encore là
au creux de mes bras,
il me regarde encore,
finalement................
il n'est pas mort....

Heureusement ce matin il faisait beau.....
Il fait encore beau, d'ailleurs ......

  le 24 février 1997

 

Publié avec la très aimable autorisation de l'auteur Aline Cresci (et avec ses encouragements, merci), qui offre à choisir entre cent poésies posées avec élégance sur son site à  http://www.internettement.com/poesie/

 

Cette URL ouvre une nouvelle fenêtre de navigateur, qu'il suffit de refermer pour vous retrouver ici-même.  

Retour accueil --- ou --- Sommaire des Poètes

© Copyright 2000-www.bravopapi.com